Chers amis,
mon premier article sera consacré à une véritable bouse comme seule sait en produire la machinerie Holywoodienne : je suis une légende. Vous allez voir, vous n'allez pas être déçus.
Le début du film peut pourtant laisser espérer. Succession de plans larges sur une ville abandonnée. Des plantes grimpent le long des immeubles et sur le terre plein central des routes. Tout cela est plutôt bien foutu.
On démarre alors l'intrigue. Le héros, unique rescapé de l'engeance humaine suite à une épidémie d'origine biologique, tente de survivre avec pour seul compagnon un chien et quelques mannequins de grandes surfaces. Pour le moment, l'esprit du livre est respecté. Malheureusement, ça ne va pas durer.
Apparaissent alors les vampires, sorte de caricature des morts vivants des séries B des années 70, incapables de communiquer entre eux mais dotés d'une force Herculéenne. Il grimpent aux murs, courent plus vite que Ben Johnson, et font des bonds de 3 mètres. Malheureusement, leur QI ne dépassant pas celui des commentateurs sportifs, ils n'ont pas encore réussi à attraper le gentil héros, qui du fond de son labo recherche l'antidote qui pourrait tous nous sauver.
Inutile de dire que Matheson commence à se retourner dans sa tombe, lui qui décrivait des êtres doués de parole non dopés aux anabolisants. Mais le pire reste à venir.
Suite à une attaque foudroyante des vampires survitaminés, le héros est sauvé par une apparition féminine qui lui apprend qu'il existe un village d'irréductibles terriens qui a survécu à l'effroyable l'épidémie. Comment le sait-elle ? L'a-t-elle déjà vu ? Non pardi. C'est dieu le lui a soufflé pendant son sommeil.
On regarde alors sa montre et on se met à prier ( c'est le moment de le dire) que le film ne nous serve pas une fin granguignolesque particulièrement indigeste. Malheureusement le spectateur ne sera pas exaucé.
Après que le héros soit mort, non sans avoir auparavant découvert le vaccin qui permet aux vampires de recouvrer forme humaine, la survivante et son horrible bambin , toujours inspirés par Dieu, finissent par trouver le village des survivants. On a alors le droit à une véritable propagande des valeurs américaines de l'Amérique de Bush : la bible et le canon.
Plan large sur un village style Mormon peuplé d'hommes en armes, puis zoom sur l'église de la place centrale pour bien nous faire comprendre, une fois de plus, que c'est dieu qui au final nous a tous sauvé.
Ca y'est c'est fini. On aura bu le calice jusqu'à la lie. On ne pouvait pas plus trahir Matheson, dont le livre se termine exactement de la façon contraire.
On ressort de ce salmigondis avec la certitude que, décidément, la machinerie Holywoodienne ne sera jamais capable d'adapter un bon bouquin au cinéma, pas plus qu'elle ne saura éviter de nous servir sa propagande militaro-religieuse.
Dix euros de perdus et une note finale de 5/20 pour les décors. Prions pour que cette daube ne dépasse pas le million d'entrées.
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